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Chaque année, une journée de souvenir, de recueillement et de solidarité.

Le 24 mars 1999, lors du dramatique incendie du tunnel du Mont Blanc, Pier Luccio Tizzani dit SPADINO, patrouilleur à moto de l’ATMB est le seul salarié à avoir perdu la vie ce jour làLa FIM (fédération internationale de Motocyclisme) lui a décerné en 1999 à titre posthume la Médaille d’Or du Mérite Motocycliste. Son courage a été également reconnu par la remise de la Medaglia d’Oro al Valor Civile. Depuis, chaque année les motards transalpins sont conviés à participer aux manifestations de commémoration du Mémorial SPADINO qui a lieu généralement le dernier dimanche de Mars.

Spadino groupe de motardsDes milliers de motards venus d’Italie, de France, de Belgique, de Suisse ou d’ailleurs, parfois sous la neige, se retrouvent sur la plateforme sud du tunnel du Mont Blanc. On évoque également le souvenir de Stefano Mano, chauffeur routier disparu, lui aussi, dans le brasier et motard dans la vie privée. C’est aussi un temps de se remémorer de tous nos amis motards qui ont pris la route des étoiles.

Ce jour là, la solidarité motarde s’exprime pleinement avec ferveur et fraternité malgré les barrières linguistiques.

Ce moment de communion apporte notre soutien aux familles touchées à jamais par ce drame.

La légende raconte que Spadino a sauvé plusieurs personnes en les sortant du tunnel sur sa moto, mais aucun témoignage n’a corroboré ces suppositions.

Le GEIE-TMB apporte un éclairage qui remet les actes dans leur réalité et tient à ce que cette vérité soit établie.

Mémorial SPADINO« Le GEIE-TMB apprécie et partage la sincérité et l’émotion de l’hommage rendu par les motards à la mémoire de Pierlucio Tinazzi, un ami et collègue décédé dans l’incendie du 24 mars 1999. Toutefois, par souci d’objectivité et sans remettre en cause la haute valeur morale du comportement de ce généreux motard, certaines affirmations appellent des précisions. En effet, il n’existe aucune preuve que Pierlucio Tinazzi ait, avec sa moto, « ramené à l’extérieur une première personne », ni qu’il ait « recommencé inlassablement la manoeuvre », ou qu’il ait « réussi à sauver des vies ».

Malheureusement cela n’est pas vrai. Il est vrai, par contre, et cela est avéré, que Pierlucio, en arrivant à proximité de l’incendie avec sa moto, dans une zone du tunnel envahie par la fumée, n’a pas pensé à sauver sa vie et a secouru une personne en difficulté, il l’a aidée à sortir de sa voiture et il l’a accompagnée à l’abri le plus proche, duquel, malheureusement, aucun des deux n’est sorti vivant à cause de la puissance extraordinaire de l’incendie.

La grandeur, l’abnégation, et la noblesse de ce geste, qui a coûté la vie à Pierlucio et qui a justifié la remise d’une
décoration à sa famille (medaglia d’oro al valor civile), peuvent avoir alimenté, autour de sa personne, une atmosphère de légende et avoir contribué à une idéalisation des faits, ce qui est compréhensible. Ce rappel à la réalité n’a pas pour but d’amoindrir la valeur de cette personne et la signification du geste qu’il a fait, ni l’importance de la commémoration que chaque année, des centaines de motards « venus de tous horizons » renouvellent, en se retrouvant sur la plateforme du tunnel du Mont-Blanc pour déposer un bouquet de fleurs et pour honorer la mémoire « d’un des leurs ».

Un comportement héroïque n’est pas moins héroïque si le résultat de l’action ne correspond malheureusement pas aux nobles intentions qui l’ont déterminées, et le geste de Pierlucio Tinazzi, appelé « Spadino », qui n’a pas hésité à rentrer dans le tunnel pour aider les personnes bloquées par l’incendie et la fumée, reste un exemple de très grande générosité et de solidarité humaine, dont tous ses collègues motards peuvent être justement fiers. »

Claudie Cartier
Mars 2007